Le 9 Octobre 2017

Intervention de Jacques Myard 

Maire de Maisons-Laffitte
Membre Honoraire du Parlement
President du Cercle Nation et République


Au COLLOQUE organisé par Pierre Pascallon , Président du Club Participation et Progrès à l'Ecole Militaire le 25 septembre 2017

 

" Que faire pour rendre le renseignement plus efficace encore dans la lutte contre le terrorisme ? "

 

Intervention de Jacques Myard : « Le terrorisme, un défi de société »

 

Pierre Pascallon a souhaité que je traite la question suivante :

"La police de proximité est elle un atout pour lutter contre le terrorisme ?"

 

Comme le disait le camarade Marchais, c'est la question mais voici ma réponse!

 

La lutte contre le terrorisme exige une réponse globale et surtout une connaissance de l'Islam qui dépasse largement la question posée sur la police de proximité.

 

Conseiller des Affaires Etrangères, membre de la commission des Affaires Etrangères et de la Commission aux Affaires Européennes pendant cinq mandats à l’Assemblée nationale, membre de la Délégation parlementaire sur le Renseignement depuis sa création, je me suis toujours fortement intéressé à l’Islam. En 1995, j’ai rédigé un rapport sur les défis en Méditerranée : les dérives de l’islam étaient déjà d’actualité.

 

Je ne changerai pas une virgule à ce que j’ai écrit alors. Le profil des terroristes que nous avions essayé d’établir n’était pas celui de quelques « paumés », délinquants en tout genre, mais celui de personnes dotées d’une formation, ingénieurs par exemple, souvent en informatique, embrigadées dans un intégrisme forcené, et désireuses d’appliquer à la société les certitudes scientifiques dont elles étaient pétries.

 

Avant toutes choses, je tiens à rendre un hommage appuyé à nos agents du renseignement dont l’engagement est total et qui exercent leurs missions dans le cadre d’une politique publique indispensable aux prises de décisions du gouvernement de la République qui doit être en mesure d’être au fait des enjeux géostratégiques et des menaces à l’encontre de la France. En un mot, nos agents qui paient malheureusement un lourd tribu ne sont pas des barbouzes mais bien des serviteurs de l’intérêt général républicain.

Les intervenants précédents l’ont déjà dit, il faut connaître l’ennemi, le nommer, pour mieux le combattre.

 

C’est la raison pour laquelle je vous donne un premier conseil : apprendre l’arabe sera plus utile que le globish aliénant. Il ne s’agit pas là d’une boutade mais d’un principe fondamental.

 

La France a eu de très grands arabisants, spécialistes de l’Islam. Hélas , pour de multiples raisons auxquelles participe la fascination pour le monde anglo-saxon, nombre de nos diplomates n’ont eu de cesse de vouloir faire carrière à Bruxelles ou à New York, méprisant cette civilisation que travaillent de multiples frustrations politique, religieuse, culturelle. La paix se joue sur notre flanc sud, ne l’oublions pas !

 

Il est donc impératif que nous investissions à nouveau dans le monde de l’Islam et cet investissement est d’abord un investissement intellectuel.

 

Membre des commissions d’enquête de l’Assemblée nationale sur le financement du terrorisme ou sur les individus et filières djihadistes, j’ai participé également aux trois commissions d’enquête parlementaires sur les sectes.

 

On ne peut s’empêcher de tisser un parallèle entre le phénomène sectaire et les dérives intégristes islamiques. Comme certaines sectes, la Scientologie ou le Temple solaire, les intégristes islamiques propagent une vision eschatologique du monde. L’adepte de la secte est prêt à tous les sacrifices au nom d’une vision eschatologique, incompréhensible pour des esprits rationnels.

 

A titre d’exemple, lors d’une audition d’anciens membres de sectes, une adepte de l’Eglise de la scientologie affirmait avoir signé un contrat de travail avec cette Eglise pour plusieurs centaines d’années... comprenne qui pourra !

 

Alors comment lutter ?

 

Des auditions des commissions d’enquête à celles de la Délégation parlementaire au renseignement, sans en dévoiler les secrets, j’ai appris que la lutte contre le terrorisme n’est plus simplement une question de police et renseignement, c’est un problème de société, un défi de société.

Ce combat politique culturel commence dès l’école maternelle et doit être poursuivi en permanence. Ce travail passe notamment, de mon point de vue, par l’enseignement du doute afin de combattre les certitudes intégristes rabâchées à longueur de temps par de véritables gourous.

Je cite souvent ce proverbe indien, qui a une résonance actuelle centrale et qui devrait guider tout citoyen lucide :« Suis celui qui cherche la vérité, fuis celui qui l’a trouvée ».

J’insiste sur un point majeur, l’Islam intégriste et les intégristes ne veulent pas le pouvoir, c’est-à-dire contrôler le gouvernement d’un pays et notamment des pays musulmans, ce qu’ils veulent c’est contrôler la société,en y imposant leurs lois, leurs conceptions de la société et la charia.

 

Ce phénomène commence à se développer dans certains quartiers de nos villes perdus par la République. Ces quartiers sont abandonnés au nom d’un laxisme et d’une prétendue liberté individuelle qui résulte de la fin de comète soixante-huitarde, ce qui conduit à des tensions aujourd’hui, à des difficultés sérieuses, voire des affrontements demain.

Je constate que les derniers attentats commis en France, comme en Allemagne, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis - ces derniers abritent la bagatelle de 16 agences de renseignement et une 17ème pour tout coordonner – l’ont été par des individus non connus des services de police et du renseignement et radicalisés en l’espace de quelques semaines avant de passer à l’acte. Nice, Londres, Berlin sont des attentats perpétrés par des terroristes qui ont échappé aux radars de la détection.

 

Toutefois, on peut avoir de la chance ! Lorsque des douaniers contrôlent, dans une opération de routine, un bus à Marseille en provenance de Belgique pour rechercher de la drogue, ils découvrent par hasard un individu qui s’apprête à commettre des attentats, en possession d’armes telles que des kalachnikov. A Clichy-la-Garenne, le plombier est intrigué par du matériel et des substances tout-à-fait inusuels dans un appartement, il alerte les services de police et on découvre un réseau qui préparait des explosifs, bon réflexe !

 

Ces deux exemples montrent que pour éviter le pire, un simple indice, même faible, doit être rapporté afin d’être contrôlé.

 

On est bien au-delà des services de la police de proximité.

Nous sommes tous des victimes potentiels, devenons tous des acteurs de notre sécurité ; sans tomber dans la schizophrénie permanente, ni renouer avec les techniques de l’îlotage consistant à rapporter les faits et gestes de toute la population. Nous devons savoir que la lutte contre le terrorisme dépasse le cadre de la police et du renseignement, c’est un enjeu pour tous, pour chacun d’entre nous.

 

On disait jadis qu’un Anglais, quel qu’il soit, était un agent de renseignement de sa Majesté. Aujourd’hui plus que jamais, nous devons prendre conscience que chacun d’entre nous a une mission à mener, un rôle à jouer contre des terroristes islamiques décidés à ne nous faire aucun cadeau !

 

Je vous remercie.
________________________________________

Compte rendu de l’audition du CNR du mercredi 7 décembre 2016

Audition de Philippe Selz, 

ancien Ambassadeur 
« Qu’est-ce que le métier diplomatique ? »

Jacques Myard a souhaité présenter les grandes lignes du parcours diplomatique - très riche - de l’Ambassadeur Philippe Selz en début de réunion :
 
Après avoir débuté sa carrière en 1967 au  service de coopération technique (Amérique latine) du ministère des Affaires étrangères, il est secrétaire d’ambassade à Rio de Janeiro  puis
En 1971-1973, il est à la direction des Nations unies et des Organisations internationales avant d’être nommé à l’ambassade de France à Londres (1973-1976).
De 1976 à 1981, il rejoint la direction des Affaires économiques et financières (aviation civile).
En 1981 il devient premier secrétaire à l’ambassade de France à Washington.
En 1985 il retourne à la direction des Affaires économiques et financières (énergie et matières premières).
Il est (1986-1988) sous-directeur d’Afrique centrale et orientale.
Puis nommé directeur adjoint du cabinet du ministre de la coopération et du développement (Jacques Pelletier) 1988-1991.
En 1991, il assure l’intérim du directeur adjoint d’Amérique.
De 1992 à 1995, il est chargé d’affaires puis ambassadeur de France en Haïti.
Nommé ambassadeur au Cameroun (1996-1998).
Puis de 1998 à 2003, ambassadeur au Gabon et à Sao Tomé-et- Principe.
Enfin, ambassadeur en République de Djibouti (2004-2005).
 
   Audition de l’Ambassadeur Philippe Selz 
 
      L’Ambassadeur Selz rappelle que Jacques Myard et lui-même se sont connus dans les années 1980, lorsque Jacques Myard servait à la direction des affaires juridiques du Ministère des affaires étrangères, puis, en 1986-1988 pendant la première « cohabitation », Jacques Myard, comme conseiller technique au Cabinet du ministre de la Coopération Michel Aurillac, et  Philippe Selz, sous-directeur d’Afrique centrale et orientale au ministère des affaires étrangères.
 
       C’est précisément au Cabinet du successeur de Michel Aurillac, Jacques Pelletier, ministre de la coopération et du développement de 1988 à 1991, que notre intervenant a vraiment pris conscience que le métier diplomatique comportait un ensemble de spécificités bien à lui : par exemple, qu’il était fort utile de parler, et d’écrire  -très poliment-  à des responsables, pas seulement africains, dont nous ne partagions pas nécessairement tous les points de vue…
     
  Il a ainsi commencé à réunir quelques traits caractéristiques de ce métier, mais le facteur déclenchant a été une jeune fille de 15 ans, qui  –voulant être diplomate-  lui a demandé il y a quatre ans : « qu’est-ce que c’est ? ».
Comme d’autres collègues, il avait noté que les jeunes arrivant des concours d’entrée ignoraient largement ce métier et ses contraintes et ce qu’on pouvait bien fabriquer, à longueur de journées, dans les bureaux  -jugés un peu mystérieux-  du 37 Quai d’Orsay.
Cette jeune fille a aujourd’hui sa réponse, « La diplomatie expliquée à une jeune fille du XXIe siècle », ouvrage de 286 pages.
C’est d’ailleurs faux : il y a 180 pages sur le métier diplomatique  -déroulées en forme de conversation avec cette jeune fille-  suivies d’un bouquet de citations picorées dans les écrits de Talleyrand : c’est le sous-titre, le « Petit Talleyrand Portatif ». L’idée centrale est que Charles-Maurice de Talleyrand–Périgord, Prince de Bénévent, a écrit en toute occasion, des avis, constats, observations et conseils… sur le métier diplomatique, qui apparaissent toujours d’actualité deux siècles après. L’ouvrage s’achève par un autre bouquet de citations, de Thucydide à Hubert Védrine, ayant peu ou prou un lien avec le métier diplomatique, pouvant servir à tout candidat au Quai d’Orsay, et aux jeunes y servant déjà.
 
       Montrer comment le ministère des affaires étrangères façonne, coordonne et met en œuvre la politique étrangère de la France commence par ce que l’Ambassadeur Selz appellerait une « photographie » du Quai d’Orsay, de ses multiples directions et services, en résumant d’un mot ce qu’on y fait : directions géographiques (Afrique, Amériques, Asie-Océanie, Europe) ; Nations unies et autres organisations internationales ; affaires stratégiques ; la mondialisation (c’est le commerce extérieur et le tourisme), la culture, l’enseignement et le développement) ; Protocole ; communication et presse ; Français de l’étranger ; etc. 
Sans oublier le secrétaire général et, au sommet le Ministre des Affaires étrangères.
 
Ce chapitre est intitulé « Modeste catalogue de Leporello », modeste, car il y a moins de rubriques que dans l’opéra de Mozart.
 
       Entrant dans un bureau de ces directions, on voit généralement que le diplomate est en train de lire, et beaucoup, et qu’il écrit, rédige, et beaucoup, en principe sans fautes d’orthographe, et de surcroît, souvent dans un style feutré, avec force litotes. L’intérêt de ce style diplomatique (objet de sourires entendus à l’extérieur) est qu’il permet de dire des choses fortes, tout en ménageant la susceptibilité de ce que notre diplomate appelle « la cible », c’est-à-dire du (ou des) récipiendaire de la lettre ou du message : ce qui est important car, dans un pays étranger, une autorité mécontente de ce que vous lui dites ou lui écrivez, peut s’en prendre à tel ou tel de vos intérêts, ou à tel ou tel de vos compatriotes. Cas évidemment extrême, mais on sait que les susceptibilités nationales sont volontiers à fleur de peau. 
Et comme la prose d’un diplomate, même sur des sujets d’apparence secondaire, peut être lue par les plus hautes autorités de l’Etat, le diplomate/rédacteur a intérêt à être précis, concis, clair, synthétique, opérationnel.
       Mais sur quoi un diplomate écrit-il ? : sur tous les sujets touchant les dossiers dont il a la charge. Un seul exemple : s’il s’occupe d’un pays, ce sera sur sa vie politique, ses élections (s’il y en a), nos rapports avec lui, les visites de responsables parlementaires ou gouvernementaux, les crises possibles. Cela est pareil dans toutes les autres directions du ministère, Ministère qu’on appelle toujours, entre diplomates, « le Département ».
 
       Un chapitre intitulé « Mouvement perpétuel et Impromptus » explique que l’on ne fait  évidemment pas que lire et écrire dans son bureau, et que le diplomate gère parfois des dossiers « voyageurs », en particulier aux directions des Nations unies,  de l’Union européenne et de la Mondialisation. Et en cours de carrière, on peut se voir confier des missions plus ou moins courtes, et plus ou moins liées aux affaires dont on s’occupe au quotidien. 
 
Le chapitre « Oratorio ou Cantate » distingue la manière de travailler  dans les ambassades de grande taille, c’est-à-dire ayant plus de trois diplomates, et celles de petite taille, de un à trois diplomates seulement.
La différence est simple à comprendre : dans les premières (Washington, Berlin, Pékin, Londres, etc.) chaque diplomate gère un ou deux principaux dossiers (par exemple, Moyen-Orient, questions européennes, dossiers africains…) ; dans celles de taille modeste, on est aussitôt polyvalent. Les deux manières de faire sont très formatrices.
Petite taille ne veut pas dire intérêt moindre pour la France, ce que confirme l’Ambassadeur Philippe Selz  qui a été en poste à Haïti et à Djibouti. Le projet MAEDI 21 du ministre Laurent Fabius parle de renforcer notre présence diplomatique dans les pays émergents.
      
 Un thème existe, que véhiculent volontiers les médias : qu’avec les moyens modernes de communication, les responsables peuvent facilement communiquer entre eux et que donc, les diplomates sont un peu inutiles. Mais parler en direct implique de bien connaître ses partenaires étrangers, les enjeux en cause, les forces en présence afin de bien analyser et de prendre les bonnes décisions. Les diplomates sont précisément faits pour connaître cela, pour bien informer les plus hautes autorités de l’Etat.
 
       Sous le titre « Vraies fausses rivalités » figurent les carrières, dans les ambassades, proches de la diplomatie : conseiller culturel ou de coopération, conseiller économique, attaché de défense pour l’essentiel. Les deux premières étant parfois occupées par des diplomates « pur sucre ».
       Le titre évoque un sujet qui intrigue les nouveaux venus en diplomatie : ils ont entendu dire que les relations sont parfois délicates, voire tendues, entre les diplomates et tel ou tel de ces conseillers spécialisés. Le diplomate est amené, par définition, à évoquer avec ses interlocuteurs un dossier qui est suivi, géré, au quotidien par un conseiller culturel, ou par un conseiller économique, ou par un attaché de défense. Par fonction, ils doivent s’épauler les uns les autres. Ils ne sauraient être rivaux, sauf à nuire à leur action et même à leur réflexion. Cela se gère, normalement, en respectant les règles du jeu en la matière, qui sont les dispositions du décret du 1er juin 1979 sur le pouvoir des ambassadeurs. Chacun ayant sa hiérarchie parisienne et ses contacts locaux, cette situation permet des échanges qui enrichissent la réflexion et l’action. L’Ambassadeur Selz n’a, en particulier,  jamais ressenti cette difficulté de rapports avec nos militaires, et très rarement avec les autres conseillers. Il invite les nouvelles recrues à ne pas hésiter à se mettre à l’écoute de nos attachés de défense et autres responsables militaires, pour les raisons suivantes :
- on perfectionne, avec eux, rigueur et discipline dans le travail ;
- leurs analyses stratégiques -et donc politiques- enrichissent celles des diplomates ;
- leur rôle en matière de sécurité, pas seulement dans les pays en crise, est essentiel.
       Evoquons les « immunités » dont bénéficient les diplomates, sur lesquelles le public fantasme parfois un peu. Comme le notait l’abbé de Saint Réal au 17ème siècle « A Venise, on ne visite point les gondoles des ambassadeurs, de quelque lieu qu’elles viennent ». C’est toujours vrai pour les automobiles à plaque diplomatique.
       Evoquons également un sujet majeur  -mais peu médiatique-  la réforme de Laurent Fabius en 2014 faisant du Quai d’Orsay le leader pour le commerce extérieur et le tourisme, dont l’objectif est de renforcer nos performances à l’exportation. Un décret de 2014 stipule que « Le ministre des Affaires étrangères est compétent pour définir et mettre en œuvre la politique du développement international, notamment au titre du commerce extérieur et du tourisme. En liaison avec le ministre de l’Economie et les autres ministres intéressés, il prépare et conduit les négociations commerciales internationales ».
Cette réforme, qui bouleverse des habitudes, nous positionne  -dans ce monde de plus en plus concurrentiel-  à égalité avec nos principaux partenaires/concurrents anglo-saxons. Elle mérite évidemment d’être poursuivie dans la longue durée. Cette réforme reste à apprécier au-delà des états d’âme et rivalités occasionnelles entre le Quai d’Orsay et Bercy. Elle s’accompagne du projet « MAEDI 21, Diplomatie globale pour le 21ème siècle » de 2015, du même ministre, qui vise à asseoir à terme le rôle pilote du ministère des affaires étrangères dans les relations internationales. 
Il faut noter que ces réformes ne peuvent que conforter notre siège de membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, ce qui n’est pas un mince détail. Nos ambassadeurs ont intégré cette nouvelle dimension/ambition, dans leurs « plans d’action », ambition qui n’est pas un problème de gouvernement de gauche ou de gouvernement de droite, mais un problème d’influence internationale accrue.
 
       En plus de nos 162 ambassades et de nos consulats, le diplomate peut être accrédité auprès de l’une des 16 organisations internationales, passant ainsi du travail bilatéral au travail multilatéral.
La diplomatie multilatérale a quelques caractéristiques propres : on y traite de dossiers de très long terme, souvent passionnant : l’avenir de l’Europe et celui de l’écologie planétaire, la francophonie, les crises au Moyen Orient etc. 
Mais il y a, plus qu’en bilatéral, un jargon, une manière d’écrire les textes à convenir entre les délégations de dix, vingt, cinquante pays ou plus, en commission, sous-commission, groupe de travail… dont les charmes ne sont pas toujours évidents. On négocie en permanence, sur le fond et sur la forme, pour arriver à un texte où chacun peut vouloir ajouter, modifier, retrancher. Comme l’a écrit Vauvenargues : « Quelque amour qu’on ait pour les grandes affaires, il y a peu de lectures si ennuyeuses et si fatigantes que celles d’un traité entre des princes ».
 
      Le métier de diplomate a, de surcroît, quelques singularités.
- Par exemple, de ne pas confondre, dans l’action, vitesse et précipitation, car comme le préconisait Talleyrand « L’action, quand elle ne sert pas, nuit » et « Dans notre métier, le zèle n’est que nuisible » et « Ne pas se presser dans les démarches que l’on a à faire a un grand avantage, c’est que cela prouve qu’on est bien ».
Maurice Couve de Murville ajoutait : « Ne jamais se départir de cette sérénité qui, seule, permet de s’imposer ».
Sérénité que le diplomate pourra conforter par une autre remarque de Talleyrand : « Il ne faut jamais se fâcher contre les choses car cela ne leur fait rien du tout ». 
       L’Ambassadeur Selz a toujours constaté l’utilité d’emploi, la pertinence de ces préceptes, et qu’accomplir avec calme une démarche  -surtout si son objet est délicat, difficile, voire si l’on s’attend à un refus ou à des récriminations-  était la meilleure attitude possible. 
 Un ancien directeur d’Afrique, Michel Chatelais, disait : « En Afrique, peu prévoir, s’attendre à tout, ne s’étonner de rien ».
 
-   Le diplomate ne devient pas spécialiste des domaines techniques qu’il aborde, mais spécialiste de l’écoute, du dialogue, de la recherche de compromis utiles pour faire avancer les affaires dont il est chargé, et souvent dans la longue durée, ce qui suppose, parfois, une aptitude à dialoguer avec les brigands les plus funestes. Dans l’Iliade, il est plus Ulysse qu’Ajax, et la colère d’Achille n’est pas son mode habituel de travail. 
       Autre conseil judicieux : avant de décider de faire ceci ou cela, consulter le terrain, c’est-à-dire interroger l’ambassade du pays en cause, car une idée peut sembler excellente, utile, mais n’être pas adaptée pour le pays où l’on veut la mettre en œuvre.
       De même, consulter son prédécesseur (avant d’arriver en poste quelque part) est toujours l’occasion de recueillir des indications profitables.
-   Le sens de l’Etat, est une donnée importante du métier diplomatique : c’est agir, réagir, décider, dans le sens d’un intérêt général,  supérieur à un intérêt personnel ou particulier. Un exemple classique  l’illustre : Louis XII à ses barons, en 1498, lors de son accession au trône : « Le roi de France ne fait pas siennes les querelles du duc d’Orléans » (avant d’être roi, il était duc d‘Orléans).
 
       Autre singularité de ce métier : le diplomate informe son gouvernement de ce qui se passe dans le pays où il sert, mais pas comme un journaliste. Il doit informer au mieux de la réalité politique, notamment, afin que ses autorités puissent prendre les meilleures décisions possibles, compte tenu de nos objectifs de politique étrangère. Il ne saurait faire du « Faut qu’on, y a qu’à » souvent exprimé dans les médias. Le journaliste, par définition, peut écrire et préconiser ce qu’il veut dans sa gazette… il n’est responsable devant personne. Le diplomate, s’il écrit ou préconise des choses irréalistes, sera, au mieux, jugé léger par sa hiérarchie. 
      Par métier, le diplomate côtoie les journalistes. Mais il a souvent l’habitude de leur parler en « off », « off the record » comme on dit, c’est-à-dire sans qu’on puisse lui attribuer ce que le journaliste reproduirait de leur entretien.
Malgré cette précaution, l’expérience montre qu’il est souvent plus prudent de ne pas dire des choses trop confidentielles à un journaliste, afin de ne pas se trouver piégé, il y a des précédents… Mieux vaut donc paraître sot que de faire une sottise.
Disant cela, l’Ambassadeur Selz a conscience d’être peu en phase avec la mode actuelle de transparence à tous crins. Il partage le point de vue de Talleyrand sur les très grands mérites de la réserve, qu’il préconise, (et qu’il oppose à la ruse, qu’il condamne évidemment), car précise-t-il, « la réserve ajoute à la confiance ».
 
       Au total, une diplomatie est active, dynamique, ou un peu en retrait, atone ; cela dépend beaucoup des moyens (financiers et humains) que l’on y met, et du suivi dans la durée, de la continuité dans l’action. Le diplomate constate volontiers qu’il n’y a guère de différences, en France, entre une politique étrangère « de gauche » et une politique étrangère « de droite ». Les règles du jeu internationales, la manière de travailler, la pratique diplomatique, sont les mêmes. La politique en matière de droits de l’Homme est certes, traditionnellement, conduite de façon plus discrète par la droite, plus médiatisée par la gauche, même si l’affaire de la libération des infirmières bulgares en Libye contredit un peu cette assertion. Il suffit de voir nos interventions armées, pas seulement en Afrique qui,  lancées par un gouvernement d’une couleur politique, sont poursuivies par un gouvernement d’une autre couleur. Le retour de la France dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, décidé par un gouvernement de droite, s’est maintenu sous un gouvernement de gauche. 
 Dominique de Villepin, en 2004 dans « Le Requin et la Mouette », et Laurent Fabius, en 2015 en tête de son projet MAEDI 21, ont employé la même expression : « La France est entendue et attendue…». Ce n’est pas que l’un ait copié l’autre : les deux ont ressenti et exprimé le même sentiment.
 
-  Enfin, parmi les divers conseils donnés dans cet ouvrage  -tirés de l’expérience vécue de plusieurs diplomates-  le plus délicat à mettre en œuvre, aujourd’hui et demain, est sans doute celui de se donner le temps de réfléchir, prendre du recul, ne pas se laisser aveugler par le présent et la nécessité de répondre sans délai.
 
- En conclusion
 
- L’objectif de ce livre est de donner à voir que la diplomatie est bien un métier, qu’il est captivant, multicolore et en 3D ; où les traditions sont fortes et utiles, et qui vit dans le contemporain et les évolutions du monde, puisqu’il participe à leur genèse et à leur éclosion. Ce métier permet de fréquenter toute la palette de l’espèce humaine.
 
- Ce métier de diplomate peut donner l’impression, parfois, de travailler comme Sisyphe, à devoir recommencer cent fois son ouvrage ; mais avec la satisfaction, ici et là, d’avoir pu aider une personne, une association, une ONG, une entreprise, un gouvernement, à résoudre une difficulté, à faire avancer un projet utile, pour son pays et pour  le nôtre. Cette satisfaction doit impérativement être enrobée dans une modestie de bon aloi, car ce qui est réussi, en diplomatie, est toujours l’œuvre de plusieurs.
 
-  C’est un métier où obligations, contraintes, prescriptions, etc., sont fortes, et où le diplomate ne cesse jamais de l’être, même dans ses distractions à l’étranger. Ce qui prouve que l’on est à des années-lumière de « l’exercice de la tasse de thé », et où la parité hommes/femmes progresse vite : depuis la première femme nommée ambassadeur en 1972, 48 le sont aujourd’hui, aux côtés de très nombreuses femmes directrices et à d’autres postes de responsabilité à la centrale. Mais l’éventail de toutes ces contraintes et autres bonnes idées devient assez vite un bouquet d’utiles réflexes, applicable d’instinct par le diplomate, même débutant. 
 
- On pourrait penser que maints de ces conseils, avis, préceptes… que l’Ambassadeur Selz présente comme utiles en diplomatie, sont d’un autre temps, vieillis, donc « ringards » ? Il ne semble nullement, car on constate que les candidats aux divers concours d’entrée au Quai d’Orsay -y compris la quarantaine admise chaque année-  sont certes motivés, mais très  -trop-  ignorants de la structure et du fonctionnement du navire sur lequel ils souhaitent s’embarquer pour une longue croisière ; et qu’ils ont, pour une bonne part d’entre eux, de vastes lacunes en culture générale, économie, histoire et géographie.
Le souhait de l’Ambassadeur Selz est donc que ce petit manuel serve à ouvrir des yeux, puisque au-delà de son titre, il s’adresse à tout candidat, masculin comme féminin, au métier de diplomate, et aussi à tout curieux de ce métier.
 
- Quant au « Petit Talleyrand portatif » -bouquet de citations piochées dans les écrits publics et la correspondance privée de ce personnage controversé, dont le style est d’un grand écrivain classique… l’Ambassadeur Selz signale aux amateurs l’existence de l’association « Les Amis de Talleyrand » dont il est membre,  qui a son siège au Château de Valençay (Indre) ayant appartenu à Talleyrand. Elle publie des articles et organise des colloques, des visites, liés à la vie et à l’œuvre de Talleyrand.
       L’un de ses membre fondateurs, Pierre Combaluzier, a établi une base de données contenant pratiquement tout ce que le Prince de Bénévent a écrit : www.le-prince-de-talleyrand.fr qui est une mine à explorer avec délectation !
 
CR version PS Audition P Selz 7 12 2016[...]
Document Adobe Acrobat [148.3 KB]

Audition du CNR: 11/05/2016 

Le Président
Jacques Myard

Député des Yvelines

                                                 Paris, le 20 avril 2016


Cher(e) Ami(e), 

J’ai le plaisir de vous convier à l’audition de :


                   Monseigneur

            Pascal GOLLNISCH

                   Directeur de l'oeuvre d'Orient

 

 

«Etre chrétien au Moyen-Orient: réalités et perspectives »

 

                Mercredi 11 mai 2016 à 18h00
        Salle 1 -3 rue Aristide Briand- 75007 Paris

 

Je vous remercie de vous inscrire en ligne en cliquant sur le lien suivant:  https://docs.google.com/forms/d/1FRGJ2e0r3Ap5c4wg2pno66akO7svpjrMxZ_Va2LPb_I/viewform, de renseigner précisément et obligatoirement les rubriques - Nom, prénom, date et lieu de naissance -et ce impérativement avant le 29 avril.

 

Je vous prie d’agréer, Cher(e) Ami(e), l'expression de mes sentiments très cordiaux.

 

Jacques MYARD

 

*Vérification des pièces d’identité à l’accueil

_____________________________________

 

Audition du CNR: 23/03/2016

Le Président
Jacques Myard

Député des Yvelines

                                                 Paris, le 08 mars 2016


Cher(e) Ami(e), 

J’ai le plaisir de vous convier à l’audition de :


             Guillaume LARRIVE

                           Député les Républicains

 

« Le contrôle des migrations»

 

                Mercredi 23 mars 2016 à 18h00
        Salle 1 -3 rue Aristide Briand- 75007 Paris

 

https://larrive.wordpress.com/2015/12/27/contre-limmigrationnisme-pour-la-france-discours-du-20-juillet-2015/

 

Audition du CNR 10/02 "Economie et politique: pour une séparation des pouvoirs"

Audition du CNR du 10 février 2015 de Monsieur  Marcel MONIN, Maître de conférence

 

« Economie et politique : pour une séparation des pouvoirs »

CR Marcel Monin 10 fevrier 2016.pdf
Document Adobe Acrobat [404.5 KB]

Réchauffement climatique, échauffement médiatique,  où est la vérité ? Le débat reste ouvert

Audition du CNR du 16 décembre 2015 de Monsieur Jean-François Auzolle


« Réchauffement climatique, échauffement médiatique, 
où est la vérité ? Le débat reste ouvert »

 

Comprendre vraiment Résumé V2 14 XI 201[...]
Document Adobe Acrobat [126.9 KB]
présentation Réchauffement climatique ou[...]
Document Adobe Acrobat [13.8 MB]
présentation Réchauffement climatique ou[...]
Présentation Microsoft Power Point [62.6 MB]

La géopolitique de l'Iran: Audition 07/10/2015

LE RETOUR DE L’IRAN, CENTRE GÉOPOÉTIQUE DU MOYEN-ORIENT

 

Thomas Flichy de La Neuville
Université de Paris IV - Sorbonne

 

                        Même si elle revêt une importance fondamentale, la question nucléaire iranienne a fini par nous faire oublier que la puissance d’un Etat ne se jaugeait pas uniquement en termes de dissuasion. Ceci est particulièrement vrai pour l’Iran, centre géopolitique plurimillénaire vers lequel la politique étrangère française devrait se tourner, maintenant que des garanties nucléaires suffisantes ont été obtenues et avant que d’autres puissances ne lui proposent un partenariat exclusif. Mon exposé se déroulera en trois points. Je montrerai que l’Iran constitue un nœud géopolitique depuis la plus haute antiquité, que nous pouvons puiser dans notre propre culture des clés de compréhension de ce pays lointain, et que ce dernier est essentiel à la stabilisation du Moyen-Orient.  


L’IRAN CONSTITUE UN NŒUD GÉOPOLITIQUE DE PREMIER ORDRE


L’on peut légitimement s’interroger sur les raisons qui placent aujourd’hui l’Iran au centre de l’attention internationale. La raison en est simple : de par sa situation géopolitique, l’Iran touche au cœur même des intérêts des grandes puissances. Il constitue la clef singulière sans laquelle aucune hégémonie ne saurait se perpétuer durablement. 

 

Les grands conquérants ne s’y sont d’ailleurs pas trompés

 

Alexandre le Grand met toute son énergie à abattre l’empire Perse et y parvient. Rome se contente de contenir les redoutables Parthes sans parvenir à les dompter. Gengis Khan annexe la Perse à son Empire gigantesque. Napoléon, quant à lui, envoie une mission diplomatique en Perse afin de prendre la Russie à revers. Quant à l’activisme des agents allemands en Iran pendant la seconde guerre mondiale, celui-ci n’est évidemment pas dû au hasard : leur action aurait dû permettre de faciliter la seconde offensive de la Wehrmacht sur les puits de pétrole de la Caspienne au nord et celle de l’Afrikakorps vers le golfe Persique au sud : si les verrous de Stalingrad et de Singapour sautent, alors les divisions blindées allemandes se rueront vers l’Iran alors que les croiseurs japonais feront leur apparition dans le golfe Persique. La puissance persane est une vieille question qui fascine les Français depuis le XVIIe siècle. A la cour de Louis XIV, la Perse, de par l’ancienneté et le prestige de ses institutions, est considérée comme le miroir oriental de la France. En Iran, l’image de la France est associée à celle de la culture depuis les fouilles de Suse. En tant que puissance, l’Iran se pense en partie par rapport à la France. Il ne fait d’ailleurs nul doute que l’exemple du général de Gaulle, ayant fondé l’indépendance militaire française sur la dissuasion nucléaire afin de garantir le territoire national contre l’humiliation d’une nouvelle défaite, n’ait exercé une influence certaine sur les élites iraniennes. Tout comme la France, l’Iran se présente comme une exception culturelle ; tout comme elle, ce pays aspire à l’indépendance. 

 

Pourquoi l’Iran constitue t’il un nœud géopolitique majeur ? 

 

Prises dans l’ordre chronologique, les raisons en sont commerciales, énergétiques et militaires. L’Iran se présenteen premier lieu comme une plaque tournante commerciale idéalement située entre l’Occident et la Chine. La position géographique de l’empire parthe, situé entre l’empire romain et la Chine lui donne très vite une position d’intermédiaire. Aujourd’hui, les sanctions internationales empêchent l’Iran de jouer son rôle traditionnel d’intermédiation commerciale : l’Amérique s’est substituée à Rome. En second lieu, l’Iran détient les clefs de l’approvisionnement des pays occidentaux – mais aussi de la Chine et de l’Inde – en pétrole et en gaz naturel. Quatrième producteur de pétrole au monde et deuxième exportateur de l’OPEP, l’Iran dispose de la deuxième plus grande réserve en gaz naturel, après la Russie, et en est le sixième producteur. Au-delà de ses réserves propres, l'Iran est idéalement placé entre les deux principaux bassins mondiaux d’hydrocarbures que constituent le golfe Persique et la mer Caspienne. Reliant ces deux foyers par ses pipe-lines, l’Iran a été propulsé au centre géopolitique du monde. Toutefois, plus le temps passe, plus ce foyer énergétique perd en importance aux yeux des États-Unis en raison de l’exploitation de leur propre gaz de schiste. L’Iran se présente, en troisième lieu, comme la clef des paix irakienne, syrienne et yéménite

 

Quels sont les atouts géopolitiques de l’Iran ?

 

Sa force principale réside dans sa créativité. Or celle-ci estintimement liée à l’existence d’un ancien foyer poétique. La poésie n’a jamais été envisagée, sous un angle géoculturel, comme l’un des indices de vitalité des civilisations. Aussi ne faut-il pas s’étonner que l’incompréhension pour la poésie soit l’apanage des civilisations agonisantes. Celles-ci ont fait de la poésie un objet de dissection par le truchement barbare de la critique littéraire. En Iran la vitalité poétique a permis de résister à l’arabisation. De fait, grâce à sa forte culture littéraire, le persan sera l’une des rares langues à ne pas être balayée par l’arabe, même s’il lui emprunte beaucoup. La poésie permet aujourd’hui à l’Iran de résister à l’action d’une mondialisation niveleuse. Beaucoup plus que le nucléaire, c’est la créativité iranienne qui fait peur. Or l’innovation a été beaucoup moins bridée par le chiisme que le sunnisme. Cette peur est particulièrement forte en Israël, foyer poétique et créatif concurrent. Fort de son identité, l’Iran entretient un rêve de puissance. Il souhaite retrouver son indépendance engloutie au VIIe siècle après J.-C. et retourner la situation en se faisant le leader du monde musulman. L’Iran se conçoit en effet comme la tête pensante du monde islamiqueet il faut bien reconnaître que son apport a été d’une richesse exceptionnelle aussi bien d’un point de vue philosophique, littéraire que scientifique. Dans cette quête pour le leadership régional, l’Iran a de sérieux concurrents. Il s’agit essentiellement de l’Arabie saoudite et de la Turquie. La relation avec Israël, quant à elle, est plus complexe qu’il n’y paraît. La communauté juive la plus ancienne et la plus nombreuse du Moyen-Orient est celle d’Iran. Malgré les tensions militaires du moment, l’on ne saurait oublier que la Perse et Israël constituent deux alliés historiques

 

Quelles sont les limites de la puissance iranienne ? 

 

La première est d’ordre psychologique : il y a près de mille trois cents ans que l’Iran n’a été en véritable position d’indépendance stratégique. Certes, la mémoire de l’empire perse a été soigneusement entretenue mais l’on ne peut vivre éternellement dans les songes. Pendant mille ans, l’Iran a été soumis à des envahisseurs étrangers. Les conséquences ont été considérables pour les élites, forcées de mettre au point des modes de négociation sophistiqués afin d’assurer leur survie politique. Avec la succession des invasions, les Iraniens ont fini par considérer leur pays comme la victime récurrente des conspirations étrangères. Or, le salut ne saurait venir que de l’intérieur : depuis l’échec éclatant des noces de Suse et l’effondrement politique occasionné par la conquête arabe du VIIe siècle, le métissage est perçu en Iran comme le signe avant-coureur d’un affaiblissement. La seconde limite à la puissance iranienne est d’ordre démographique : initiée du temps du dernier Shah, l’effondrement des naissances, signe visible d’un déclin, rend illusoire l’exercice à terme de l’influence. Faute de redressement démographique, l’Iran devra céder des positions à des civilisations plus vives, qu’il s’agisse de l’Arabie saoudite ou de la Turquie. La troisième limite est maritime : pour tirer pleinement avantage de sa situation géopolitique, l’Iran doit investir les mers proches.Au cours de l’Antiquité, la Perse achéménide s’est résolument tournée vers les espaces maritimes proches par l’entremise de peuples navigateurs comme les Phéniciens, les Grecs ou les Arabes. Les siècles de domination étrangère, figeant les progrès technologiques sur mer, ont toutefois rendu vaine toute aventure maritime entre le VIIe et le XVIIe siècle. Aujourd’hui, la puissance régionale montante qu’est l’Iran s’est enfermée dans l’option nucléaire au lieu de faire le choix résolu de la mer. Or, l’investissement maritime est d’autant plus important pour l’Iran que la mer Caspienne et le golfe Persique représentent aujourd’hui les plus grands réservoirs en hydrocarbures de la planète. Seule la maîtrise de ces riches espaces maritimes permettra à l’Iran d’accéder un jour au rang de puissance régionale. Aujourd’hui, l’Iran a renoué avec la mer, la marine de guerre bénéficiant de budgets importants. Toutefois, sa stratégie navale reste asymétrique et défensive


INVASIONS ET RÉVOLUTIONS, DEUX CLEF POUR COMPRENDRE L’IRAN

 

Le souvenir des invasions

 

    La distance qui sépare les cultures française et iranienne s’explique en grande partie par la fracture des invasions : à partir du milieu du VIIe siècle, l’Iran est le théâtre d’une longue série d’invasions qui se perpétuent jusqu’à la fin du Moyen-âge. Celles-ci ne se contentent pas de mettre fin à un Empire millénaire, elles décapitent ses élites, bouleversent son système administratif et passent son droit au tamis de l’Islam. Avant la conquête du VIIe siècle, la parenté entre les cultures romaine et sassanide est réelle. A Rome, comme en Perse, l’Empereur est source de  droit comme peut l’être l’aristocratie militaire, alors que les contrats conclus par les marchands sont soigneusement encadrés par le droit. Il existe également une réelle proximité dans la mesure du temps : à la prescription romaine répond une procédure sassanide encadrée par de stricts délais. Dans ces deux cultures, la sacralité de la loi et le caractère contraignant des conventions signées entre les particuliers l’emportent sur les relations interpersonnelles. Même si ces cultures attachent de l’importance à la pratique des cadeaux, la corruption y est sévèrement condamnée. Les écrits très élaborés de l’époque sassanide insistent sur l’exigence de vérité, apanage d’un Roi qui ne ment pas et auquel ses sujets peuvent faire confiance. Ce souci de transparence se reflète dans la bonne foi romaine. Ces deux civilisations partagent enfin une culture commune du rayonnement, la loi du Roi des Rois, comme celle de l’Empereur étant destinée à être gravée dans la pierre jusqu’aux extrémités de la terre. Ainsi, malgré la distance et parfois l’animosité qui les séparent, les civilisations romaine et sassanide sont apparentées et ce, jusqu’aux invasions qui les détruisent de part et d’autre. Au Moyen-âge, les invasions successives qui déferlent sur l’Iran se traduisent par une véritable fracture. L’aristocratie militaire, discréditée en Perse par les invasions qu’elle n’a su empêcher, conserve en France le prestige de la négociation au service de l’Eglise. La culture marchande, fortement valorisée par l’Islam demeure très encadrée en France. Le rapport des hommes au temps se modifie de façon substantielle : alors que  la culture romaine des délais contraints est consolidée en France par un christianisme encourageant chacun à faire son salut dans un temps limité, la Perse met au point une savante culture de l’inertie  s’enracinant à la fois dans l’esprit de résistance aux conquérants étrangers et dans le fatalisme. En Perse, la loi du Roi s’efface au bénéfice des liens interpersonnels. Au même moment, la distinction opérée par l’Eglise entre loi divine et loi humaine permet une renaissance du droit. L’Islam, qui institutionnalise le don aux pauvres et honore les marchandsne fait pas de la lutte contre la corruption l’une de ses priorités. En France, en revanche, l’Eglise brise la logique archaïque du contre-don et s’appuie sur un Etat en pleine renaissance pour lutter contre la corruption. Les clercs occidentaux se font les défenseurs de la clarté alors même qu’une culture de la dissimulation se développe en Perse sous l’influence d’un islam tolérant à l’égard des demi-vérités. Enfin, alors que l’Occident chrétien refuse obstinément une logique d’enfermement, la Perse répond au déferlement des envahisseurs par l’obsession du complot qui se perpétue jusqu’à l’époque contemporaine. Après les premières invasions, la distance est donc grandissante entre une culture romaine sauvée de la destruction par les clercs et la régression culturelle qui accompagne la déliquescence de l’Etat en Perse. 

 

La fracture révolutionnaire française

 

    Malgré la rupture ancienne générée par un millénaire d’invasions en Perse, une conjonction assez frappante se produit entre les cultures française et safavide de la négociation à partir du XVIe siècle. A partir de la Renaissance en effet, la civilisation de la France féodale connaît un bouleversement majeur. Parallèlement à la révolution militaire du XVIIe siècle qui bouleverse l’armement, la stratégie et à terme les hiérarchies sociales, laculture militaire de la négociation recule au profit d’une civilisation beaucoup plus commerçante et raffinée. La culture de la négociation marchande, née en Italie du nord et en Flandres se transmet à l’Europe entière grâce aux relais bancaires qui se multiplient. Même si elle oppose une résistance certaine à la culture mercantile des républiques marchandes, et ce jusqu’au XVIIIe siècle, la France est touchée par l’essor de la négociation commerciale. Sous l’influence italienne, la France est simultanément gagnée par une sophistication croissante des arts, des lettres et des manières qui retentit sur l’ensemble des négociations. Même les pourparlers préparatoires à la guerre sont marqués par des échanges de politesses. Sous la double conjonction de l’essor de l’esprit commerçant et du raffinement des manières, la France, rompant avec l’héritage de la négociation médiévale, s’est insensiblement rapprochée de la Perse.  Le rapprochement des deux cultures de la négociation est d’autant plus frappant qu’il prend appui sur deux cultures institutionnelles finalement assez proches. La France, comme la Perse sont marqués par l’existence d’un clergé très structuré appuyant l’Etat dans sa quête d’indépendance. Qu’il soit gallican ou chiite, celui-ci joue un rôle majeur dans l’administration, fournissant un personnel qualifié à un Etat en quête de cadres compétents. Ce clergé dispose de ses propres tribunaux appliquant un droit écrit et religieux dont il assure l’interprétation. Celui-ci dispose également d’une partie de l’appareil judiciaire. D’autre part, l’époque moderne est marquée en Perse comme en France, par un renouveau de l’Etat qui se traduit par un perfectionnement de la machine administrative et fiscale. Celui-ci a pour conséquence une superposition des institutions : les Etats sont, en effet, infiniment respectueux d’un passé dans lequel ils puisent une partie de leur légitimité. Dans la Perse safavide, même les réformes institutionnelles les plus innovantes prétendent s’enraciner dans une continuité juridique garantie par le Roi. La Renaissance française est marquée par un éloge de la conversation de cour et un renouveau de la rhétorique judiciaire. Cette nouvelle culture est en phase avec une volubilité persane inhérente à la civilisation safavide. De même, la culture littéraire très prononcée des juristes safavides reposant sur l’interprétation subtile des textes trouve un écho dans une esthétique baroque goûtant l’illusion comme la métaphore. Enfin la culture ancienne du ta’arof ne surprend guère les magistrats ou ambassadeurs conditionnés par l’étiquette de cour. Pour les cultures française et persane, l’âge moderne est à l’évidence celui de la proximité. La révolution de 1789 constitue le point de départ d’un éloignement culturel et juridique entre la France et la Perse. 

 

LA CULTURE DÉFENSIVE DE L’IRAN


Une culture religieuse de la défaite terrestre

 

L’Islam chiite repose sur le sacrifice volontaire et sanglant d’Hossein  à Karbala en 680 ap. J.-C. face aux armées du calife omeyyade Yazid. Dans la religion populaire, Hossein est moins mort pour assurer la victoire terrestre de la religion chiite, que pour gagner à ses fidèles le salut éternel en obtenant de Dieu, en échange de ses souffrances, le pouvoir d’intercession suprême au jour du grand jugement. De longs poèmes autrefois lus dans les cérémonies narraient en détail comment, dès avant la création du monde, Dieu aurait formé les Imams à partir de sa propre lumière, puis les aurait rassemblés, demandant que l’un d’eux accepte de se sacrifier pour permettre au monde d’être, et aux hommes de trouver le salut. Seul Hossein aurait eu le courage d’assumer l’exigence divine, acceptant de donner sa propre vie et celle de sa famille, qui sera massacrée avec lui à Karbala. Les mêmes récits expliquaient ensuite comment, sur le champ de bataille, Hossein se laissa de lui-même mettre à mort pour respecter le pacte divin qu’il avait conclu au début des temps et qu’était venu lui rappeler l’ange Gabriel. Pétri de ces récits,le chiisme accorde une place très importante aux rituels de deuil. Ces derniers ont lieu surtout durant le mois musulman de muharram et comprennent des lamentations sur le sort des Imams, plaintives mélopées chantées par les clercs auxquelles répondent les pleurs et les soupirs des fidèles. Celles-ci sont accompagnées de séances dites de flagellation, où les hommes se frappent régulièrement la poitrine. Le chiisme est ainsi fondé sur un sacrifice librement consenti. Ce messianisme s’accompagne d’un culte des saints. En effet, c’est d’abord l’intercession des Imams le jour du Jugement dernier qui permettra aux fidèles d’échapper aux flammes de l’enfer malgré le poids de leurs péchés. Plus encore, les Imams représentent dès ce bas monde, des guides et des protecteurs invisibles mais bienveillants, attentifs aux souffrances et aux demandes de leurs fidèles. Ils font donc l’objet d’un culte populaire foisonnant : pèlerinages, prières, offrandes de nourriture votive constituent le quotidien du fidèle chiite iranien. Ce culte est lui-même marqué par le sceau de l’amour et du deuil. Cette culture de la défaite a d’ailleurs subverti l’idéal préislamique de chevalerie, oujavanmardi. Dans les romans de chevalerie persane, leJavanmardom défend le faible sans regarder le risque qu’il encourt. Toutefois, l’idéal de javanmardi a été transformé par la spiritualité chiite sous la forme d’une  chevalerie mysique de la foi. Cette chevalerie mystique  est au coeur du shi‘isme iranien. Les pahlavan, champions héroïques qui incarnaient jadis la force physique, sont devenus des mystiques. 

 

Un nouvel empire mongol ? 

 

À l’évidence, l’Iran, la Chine comme la Russie se présentent comme trois pôles de résistance à la mondialisation océanique. Le rapprochement entre ces vieilles civilisations signe-t-il pour autant la naissance d’un nouvel empire mongol au cœur de l’Asie centrale ? Pour de multiples raisons, la Chine, l’Iran et la Russie ne risquent guère de reconstituer l’antique empire mongol qui les a fédérés hier. A l’inverse du XIIIe siècle, ces trois civilisations encerclent en effet aujourd'hui comme une île la civilisation turque qui les rassemblait jadis : la Chine poursuit sa politique de confinement des minorités turcophones au Xinjiang, la Russie a du mal à contrôler les peuples altaïques du Caucase. L’Iran, de son côté voit en la Turquie une puissance régionale rivale. En second lieu, ces trois pays souffrent d’une faiblesse démographique structurelle qui les empêchera d’exercer la puissance à long terme. Malgré ces faiblesses, ces États peuvent puiser dans leurs cultures une exceptionnelle capacité d’innovation. L’empire mongol pourrait par conséquent renaître aujourd’hui sous la forme d’une alliance très pragmatique entre trois puissances ayant intérêt à se prêter mutuellement appui. La cristallisation d’une telle alliance est la hantise des États-Unis dont le jeu consiste précisément à maintenir ces États divisés. Malgré ces tentatives, une alliance est née. En 2001, la Chine et la Russie fondent l’organisation de coopération de Shanghai dont l’un des objectifs principaux consiste à contrer l’influence américaine en Asie centrale. Le Tadjikistan fait partie des membres fondateurs. Il est rejoint par l’Iran en 2005 puis l’Afghanistan en 2012. Cela signifie que l’ensemble du monde persanophone fait désormais partie dans l’alliance. Rassemblant 1,5 milliards d’habitants sur 26 millions de kilomètres carrés, l’organisation de coopération de Shanghai dispose de 50 % de l’uranium et de 40 % du charbon mondial. C’est dans ce cadre qu’ont été menées des manœuvres militaires communes ainsi que des échanges dans le domaine de la médecine et des nanotechnologies. Cette collusion entre l’Iran, la Chine et la Russie reste toutefois discrète pour des raisons propres à leurs cultures réciproques. Celle-ci ne transparait finalement qu’au détour de conflits périphériques comme ceux de Syrie ou de Corée du nord. 


Le souvenir de l’empire achéménide

 

L’Empire Sassanide s’appuyait jadis sur trois espaces stratégiques : la plaine irakienne, la façade maritime syrienne et les hauts plateaux yéménites. A la différence des déserts qui les entourent, ces régions sont en premier lieu des espaces agricoles à hauts rendements. Leur agriculture intensive permet d’ailleurs de nourrir une population nombreuse. Or, un gulf-stream humain relie le Yémen et la Syrie. Ces riches foyers d’agriculture et de population sont donc interconnectés depuis l’antiquité. En second lieu, ces espaces constituent desentrepôts commerciaux connectés à la mer. Ils relient la Perse, recluse dans ses montagnes, à l’économie-monde. Sans cette connexion maritime, seul levier de puissance, l’Iran reste un empire confiné. En troisième lieu ces espaces partagent des traits religieux communs depuis le XVIe siècle, période pendant laquelle le chiisme devient religion d’Etat en Perse. Ces espaces sont fédérés par un clergé et des lieux de pèlerinage partagés. Bref, l’Irak, la Syrie et le Yémen constituent les anciennes fenêtres d’un l’Empire effondré. Espace agricole, peuplé, connecté au commerce maritime, et cousines religieusement, elles sont l’Ukraine de la Russie. Il n’est donc guère surprenant que ces communautés chiites, devenues autonomes depuis longtemps, ne forment pas un ensemble homogène subordonné à l’Iran, chacune poursuit ses objectifs propres.                                                       

                                                         
                                                                          Comment expliquer les échecs de la France en Perse aux XVIIe et XVIIIe siècles ? C’est que celle-ci ne dispose alors que de la moitié des cartes du jeu persan : le raffinement qui s’est développé à la Cour rend la culture littéraire persane immédiatement saisissable au Français. En revanche, la forte résistance que la France oppose à l’esprit mercantile la rend incapable de saisir la négociation du bazar. Dans ces circonstances, il ne faut pas s’étonner que les descriptions de la Perse par les voyageurs français soient diffusées en Angleterre et en Hollande. Ces récits sont pillés, traduits et analysés par des spécialistes de la négociation marchande qui en tirent des leçons très concrètes ce qui leur permet d’assurer de solides positions à leurs compagnies de commerce alors même que la compagnie française des Indes végète. Bref, les intuitions françaises ont servi à d’autres. 

Pourquoi faut-il renouer avec l'Iran ?
Presentation.pdf
Document Adobe Acrobat [141.9 KB]
Seminaire Powerpoint.ppt
Présentation Microsoft Power Point [4.8 MB]
HANNE doc Pwp.pptx
Présentation Microsoft Power Point [4.2 MB]

Colloque « la France peut –elle retrouver une politique étrangère indépendante ? »

Le 7 mai 2015


Madame , Monsieur, Chers amis,


Le jeudi 21 mai prochain au matin, j’organise à l’Assemblée nationale un colloque intitulé « la France peut –elle retrouver une politique étrangère indépendante ? »
avec des experts et des parlementaires ; les trois tables rondes seront animées chacune par un journaliste et seront suivies par un échange avec le public.

 

Vous trouverez ci-dessous le programme de cette matinée qui comporte les détails pratiques d’inscription, obligatoire, avec nom date et lieu de naissance, ainsi que d’accès au colloque.

 

Je serais heureux que vous puissiez y assister et vous remercie de votre réponse que vous me ferez parvenir à l’adresse courriel : 

 

jmyard@assemblee-nationale.fr

 

Très cordialement,


Jacques Myard

 

                                   COLLOQUE
 
                             La France peut-elle
            retrouver une diplomatie indépendante ?

 
 
présidé par
 
Jacques MYARD
Député, président du Cercle Nation et République
 
 
Jeudi 21 mai 2015
9h00-13h00
 
 
Salle 6217
 
126, rue de l’Université - 75007 PARIS

 
 
 
8h45     Accueil des participants
9h00     Allocution de bienvenue
             Jacques Myard, député, président du Cercle Nation et République
9h05    Introduction
    Pascal Boniface, directeur de l’IRIS

 
           
9h15-10h00  La nouvelle donne internationale : un monde sans pilote
   
Un monde apolaire : des équilibres géostratégiques en bouleversement
Le poids des acteurs transnationaux
Les stratégies d’influence économique


-          Gérard-François Dumont, recteur, professeur des Universités
-          Jean-Michel Quatrepoint, journaliste, auteur du «Choc des empires»
-          Xavier Raufer, directeur des études, - les  Menaces Criminelles Contemporaines- à l’université Paris 2 Panthéon Assas
-          Claude Rochet, professeur à l’université d’Aix-en-Provence
                  
Modérateur*
 
Questions du public
                       
10h00-11h30  Une France prisonnière de ses alliances ?
                 
L’intégration dans l’Union européenne, levier de puissance ou contrainte ?
L’Alliance atlantique
Les crises : de l’Irak à l’Ukraine

                       
-          Jean de Gliniasty, ancien ambassadeur de France en Russie
-          François Loncle, député de l’Eure
-          Jean-Pierre Vesperini, économiste, professeur d’université, ancien membre du Conseil d’analyse économique
-          Alain Cotta, économiste, professeur des Universités
-          Jean Menu, Général, ancien chef du cabinet militaire du Premier ministre
-          Thomas Flichy de la Neuville, professeur à l’Ecole spéciale militaire de Saint-Cyr
 
 
     Modérateur : Christian Chesnot, journaliste à France inter
 
     Questions du public
           
 
   11h30-13h00  Pour une politique indépendante
   
La spécificité et les atouts de la France, puissance européenne et mondiale
   Quelles actions prioritaires, quels enjeux ?
 
                  
-          François Nicoullaud, ancien ambassadeur de France en Iran, analyste de politique internationale
-          Jacques Sapir, directeur d’études à l’ EHESS, spécialiste de la Russie
-          Pierre Conesa, spécialiste des questions stratégiques internationales
-          Michel Terrot, député du Rhône
-          Loïc Hennekinne, ambassadeur de France, ancien secrétaire général
du Quai d’Orsay
-          Jean-Pierre Lafon, ambassadeur de France, ancien secrétaire général du Quai d’Orsay
-          Pouria Amirshahi, député des Français établis hors de France
 
    Modérateur : Renaud Girard, grand reporter, journaliste au Figaro
                       
    Questions du public
   12h50 Conclusion
           
               Xavier Bertrand, ancien ministre, député de l’Aisne

Cercle Nation et République "C.N.R"

Jacques Myard 

3 rue Aristide Briand-75007 Paris
01 40 63 91 20 
jmyard@assemblee-nationale.fr 
cgollnhofer@hotmail.com

 

Twitter: @jacquesmyard 

Webmestre

Sébastien Nantz

03 83 46 83 59

sebastien.nantz@sfr.fr

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Cercle Nation et République